samedi, décembre 03, 2005

"d'origine" - ptit coup de gueule!

A chaque fois que je regarde les infos sur tf1 ou France2 j’enrage. A chaque fois il y a bien un français ; un belge, un anglais soupçonné d’attentat, de terrorisme ou de je en sais quoi dont on parle. Oui vous me dites là y a pas de lézard ça arrive partout où est le problème ? Le problème c’est que la dite personne est forcement « d’origine » marocaine, algérienne ou tunisienne, et on ne se prive pas de le clamer haut et fort, mm si la dite personne est née, grandi, étudié là-bas, parfois les parents aussi. A chaque fois ça me reste au travers de la gorge. Je trouve ignoble de ramener à chaque fois une personne ainsi à son origine, et on nous bassine de prétendue intégration. Pour moi c’est clair si comme si on disait à chaque fois : oh quelle horreur un français ! Non mais ça va, c’est que ce n’en est pas un, du moins pas totalement, il est et il reste toujours « d’origine ». Ça y est on souffle c’est déjà moins grave.
Ramener toujours une personne à ses origines dans les medias c’est ramener toutes les personnes qui lui ressemblent non seulement à leur origine commune, mais au crime commis. C’est à la personne elle mm de revendiquer cette identité, cette culture avec laquelle elle a une plus ou moins grande connection si elle le veut, ça doit venir du cœur ! Malheureusement la couleur de la peau ou des yeux renverra toujours mm ceux qui ne parlent un mot d’arabe à leur condition de maghrébins ! Mm si ces personnes ne s’y reconnaissent pas ou plus.
Sur les mm chaînes, quand ce sont les sportifs qui concourent pour la France, ce ne sont jamais des « d’origine » , ce sont toujours des français, des tricolores, mm si leur passeport est encore tout chaud, juste sorti de la machine à naturalisation. Ce n’est que rarement que les commentateurs indiquent, à demi mots, le pays d’origine. Pourtant ces athlètes, ces joueurs, sont souvent nés, ont étudiés, vécu, grandis, disputés leurs premières compétitions au Maroc, en Algérie ou en Éthiopie, ceux là sont de vrais européens, les autres ne le sont qu’à demi.
Mais de quoi je me mêle moi ! Je ne suis pas européens et je n’ai jamais foulé autre terre que celle de mon pays, alors pourquoi je m’énerve ? Parce que ça me concerne, car quand on renvoie un criminel à son origine marocaine, je me sens directement visé, c’est comme si on me crachait à la figure que c’est parce qu’il a quelque part le mm sang que moi qu’il a commis ce crime, on associe ma culture, mon héritage, mon identité, ce que je suis à ce qu’il y a de plus vilain, de plus mal, tout en se défilant de la responsabilité ! Voilà le mot, responsabilité, c’est comme si on m’en rendait responsable. Par contre, quant c’est une success story, évidemment je n’y est pas part, je n’y ai plus droit, je ne peut pas en être fière.
Ce traitement là me rend malade, ou bien les européens assument leur responsabilité, ou alors qu’ils cessent de rejeter le tort sur les pays anciennement d’origine d’une main et de piller les mm pays de ceux qui font leur fierté dans tous les domaines de l’autre !

6 commentaires:

AMG a dit…

Salam junoon,

Ravis de constater que t’es toujours en vie, j’ai pensé qu’on t’avait peut-être envoyé à l’asile (si tu n’y vie pas déjà) ;-)
Très intéressant ton ptit coût de gueule (toujours entrain de gueuler ;-)), le phénomène : « pas de ca chez nous », «c’est pas le genre de la maison » ou «ca vient d’ailleurs » est général à toute la planète.
Mais moi je préfère plutôt élargir cette constatation à tout ce qui est délinquance ou problèmes sociaux, il y a toujours un «d’origine » qui doit apparaître dans le récit. Avec le terrorisme il y a un rejet immédiat, l’accusation est tellement abominable qu’on n’essaye même pas de savoir si la personne est accusée à taure ou à raison ou d’analyser les faits. Puisqu’il est arrêté c’est qu’il doit sûrement l’avoir mérité, il n’y a pas de fumé sans feu (c’est exactement ce qui se passe dans les affaires de pédophilie). On est tellement écœuré et perturbé qu’on essaye d’épargner à notre cerveau toute analyse qui peut nous traumatiser par la suite, vu la complexité des sujets, et le risque de découvrir des horreurs qu’on n’imaginait pas ou qu’on essayait d’oublier que ca existait dans notre monde. Donc ce qui ce passe dans ce cas, c’est l’inverse du processus d’intensification, c’est le rejet total : c’est pas de chez nous.
Du coté européen, c’est un autre phénomène qui se passe, le faite d’associer «l‘origine » à ce genre de phénomènes permet d’une part de se construire un visage/stéréotype du méchant. C’est très réconfortant puisqu’ainsi on peut le reconnaître et l’éviter, ce n’est plus l’homme ou la menace invisible. D’autre part le faite d’indiquer «l’origine étrangère » du phénomène permet de lui donner une «explication » : c’est dans leurs gênes, ils l’ont ramené avec eux. Ce qui mène à la conclusion : C’est pas le produit de notre société, on n’a aucune responsabilité la dessus, ca vient d’ailleurs.
Les médias ne font que jouer sur ces sensibilités, leur but c’est pas de nous fatiguer ou de nous remettre en cause avec des débats/analyses de ces phénomènes, mais plutôt de nous réconforter dans nos convictions et clichés : le client a toujours raison.
On peut faire le parallèle avec un phénomène propre à notre société arabe : «l’origine » de l’homosexualité est toujours étrangère, toujours occidentale, blanche, un complot venu de l’extérieur, C'EST PAS LE GENRE DE LA MAISON !

junoon a dit…

saaaaaaaalut!
en effet personne ne mecroit quand je dis que je suis fou! ce qui fait que je suis en vie et en liberté, pour encore un bout de temps :)

ouai ouai je gueule tout le temps, je peux qd mm me le le permettre ici lol! sinon ya pas moyen de gueuler ailleurs! :p

sinon: tout à fait d'accord avec toi :), bien dis :)

borgo a dit…

Je pense que tu dois être au courant du procès qui commence aujourd'hui, celui de Lionel Dumont, braqueur de banques et autres qui s'est converti à l'islam. Aujourd'hui hormis le côté origine comme tu le rappelles si bien, rentre en jeu le côté "confession".
Reprenons le cas Dumont comme exemple dont le procès risque de tendre (bien que des consignes inverses aient été données) vers l'amalgame entre "islam" et "terrorisme" (ah oui j'oubliait, Dumont a posé un ou deux artefacts alors vous comprenez, hein, c'est surment un terroriste financé par Al Qaida tout ça). Les médias connaissent le poids des mots et ce que le télespectateur retient ... quand on te dit "d'origine" ou "de confession" ... tout de suite notre cerveau n'imprime que cette donnée et met tout dans le même panier.
Comme les journaleux ne changeront pas, il nous appartient d'éduquer nos oreilles à décrypter l'information.
Une dernière chose qui me vient à l'esprit sur le poids des mots ... dans le cadre d'une relation commerciale, quand tu dis à ton client par exemple : "je m'en occupe, il n'y a pas de problème" ... la seule chose que l'interlocuteur entend, c'est "problème" ...
Sur ce je vais de mon côté résoudre quelques problèmes qui me tracassent ;)

borgo a dit…

Je pense que tu dois être au courant du procès qui commence aujourd'hui, celui de Lionel Dumont, braqueur de banques et autres qui s'est converti à l'islam. Aujourd'hui hormis le côté origine comme tu le rappelles si bien, rentre en jeu le côté "confession".
Reprenons le cas Dumont comme exemple dont le procès risque de tendre (bien que des consignes inverses aient été données) vers l'amalgame entre "islam" et "terrorisme" (ah oui j'oubliait, Dumont a posé un ou deux artefacts alors vous comprenez, hein, c'est surment un terroriste financé par Al Qaida tout ça). Les médias connaissent le poids des mots et ce que le télespectateur retient ... quand on te dit "d'origine" ou "de confession" ... tout de suite notre cerveau n'imprime que cette donnée et met tout dans le même panier.
Comme les journaleux ne changeront pas, il nous appartient d'éduquer nos oreilles à décrypter l'information.
Une dernière chose qui me vient à l'esprit sur le poids des mots ... dans le cadre d'une relation commerciale, quand tu dis à ton client par exemple : "je m'en occupe, il n'y a pas de problème" ... la seule chose que l'interlocuteur entend, c'est "problème" ...
Sur ce je vais de mon côté résoudre quelques problèmes qui me tracassent ;)

junoon a dit…

effectivement, nos mots nous trahissent souvent! je me rends compte que nous faisons tous la mm chose, tout le temps.

Anonyme a dit…

Super intéressant ton article... Tu as raison... Et le pire, c'est que c'est tellement systématique qu'on n'y fait pu vraiment attention...

Nico du Nico-Blog